Fin du réseau cuivre : préparez la téléphonie de votre entreprise

L’ADSL et les lignes fixes historiques disparaissent commune par commune — certaines du Sundgau sont déjà coupées. Le calendrier réel, ce qui est concerné chez vous, et comment migrer sans stress.

La question revient presque à chaque visite chez un client : « et nous, on est concernés ? ». La réponse est simple — oui. Le réseau cuivre, celui qui porte les lignes fixes historiques et l’ADSL, s’éteint progressivement partout en France. Ce n’est ni une rumeur ni un horizon lointain : des communes du Sundgau sont déjà coupées depuis janvier 2026. Voici ce qu’il faut savoir — et surtout ce qu’il faut faire, dans le bon ordre.

Le réseau cuivre, c’est quoi au juste ?

Le réseau cuivre, ce sont les paires de fils déployées depuis les années 1970 par France Télécom — devenu Orange — jusqu’à chaque bâtiment du pays. Il transporte deux choses : la téléphonie fixe « classique » et l’ADSL, cette connexion Internet qui passe par la prise téléphonique.

Vous croiserez aussi le sigle RTC — le réseau téléphonique commuté : c’est le nom technique de la téléphonie analogique historique, celle de la prise en T au mur. Orange ne vend plus de nouvelles lignes RTC depuis 2018 pour les particuliers et 2019 pour les professionnels, et les éteint zone par zone depuis fin 2023.

Un point que beaucoup découvrent trop tard : ce réseau appartient à Orange, mais tous les opérateurs l’utilisent. Être client ailleurs ne vous protège donc pas — si votre abonnement repose sur le cuivre, il est concerné, quel que soit le logo sur la facture.

Le calendrier réel — vu de juillet 2026

Le plan de fermeture d’Orange, suivi de près par l’Arcep — le régulateur des télécoms —, avance par vagues de communes. Les grandes étapes, telles que publiées officiellement :

  • Janvier 2025 : première fermeture technique — 162 communes pilotes, où plus aucun service ne passe par le cuivre.
  • Fin janvier 2026 : deuxième vague — environ 760 communes coupées, soit près de 900 000 locaux, selon l’Arcep. Une cinquantaine se trouvent en Alsace, dont plusieurs en plein Sundgau : Bernwiller, Saint-Bernard, Fulleren ou Muespach.
  • 31 janvier 2026 : fermeture commerciale de l’ensemble des offres cuivre — plus aucune nouvelle souscription ADSL ou ligne cuivre nulle part en France. Les lignes existantes continuent de fonctionner jusqu’à la fermeture technique.
  • 31 janvier 2027 : troisième vague technique — environ 2 100 communes, dont, chez nous, Hagenbach, Buethwiller ou Kœstlach.
  • 2028 et 2029 : vagues suivantes, beaucoup plus massives — plusieurs milliers de communes chaque année.
  • Fin 2030 : extinction complète du réseau cuivre.

Deux réserves honnêtes. D’abord, ces dates peuvent bouger à la marge : une commune qui ne remplit pas les critères — notamment une couverture fibre suffisante — voit sa fermeture reportée. Ensuite, la seule information qui compte vraiment pour vous, c’est la date de votre commune : elle se vérifie en deux minutes sur le calendrier officiel d’Orange ou sur le dossier de l’Arcep.

Ce qui s’arrête concrètement dans votre entreprise

C’est le point que tout le monde sous-estime. On pense « téléphone et internet », et on oublie tout ce qui s’est branché sur ces lignes en vingt ans :

  • Vos lignes fixes analogiques — y compris le standard téléphonique s’il est raccordé en direct au cuivre.
  • Votre connexion ADSL, VDSL ou SDSL — donc internet, mais aussi tout ce qui en dépend : messagerie, sauvegarde en ligne, logiciel de caisse.
  • Le fax — encore bien présent dans le médical, le juridique et l’artisanat.
  • L’alarme et la télésurveillance : beaucoup de centrales anciennes transmettent leurs alertes par la ligne téléphonique.
  • Le terminal de paiement : certains modèles anciens passent encore par le réseau téléphonique à chaque transaction.
  • Les lignes discrètes : téléphone de l’ascenseur, téléassistance, report de sonnette — ce matériel qui fonctionne depuis quinze ans et auquel plus personne ne pense.

Ce qui ne change pas : vos mobiles, et tout ce qui est déjà passé à la fibre.

Les alternatives : la fibre et la téléphonie par Internet

La relève est prête — et elle est franchement meilleure. Côté connexion, la fibre optique remplace l’ADSL : un fil de verre qui transporte les données par la lumière, avec des débits sans commune mesure et une stabilité bien supérieure. L’immense majorité des locaux français y est aujourd’hui éligible ; pour les cas restants, il existe des solutions par box 4G/5G ou par satellite.

Côté téléphone, la VoIP — la voix qui transite par Internet plutôt que par la paire de cuivre — remplace le RTC. Pour une TPE, cela prend deux formes : soit un standard hébergé chez l’opérateur, appelé standard virtuel ou Centrex — aucune machine à gérer chez vous ; soit un IPBX, un standard physique installé dans vos locaux. Dans les deux cas, vos numéros actuels sont conservés : la portabilité est un droit.

Et c’est là que la contrainte devient une occasion. Un standard moderne offre ce que votre vieille installation ne fera jamais : accueil avec menu, transfert vers les mobiles, messagerie reçue par email, même numéro affiché au bureau comme en télétravail. Pour beaucoup de petites entreprises, la migration est le bon moment pour simplifier l’ensemble — et remettre à plat des abonnements qui se sont empilés au fil des années.

Votre plan d’action, dans l’ordre

  1. Vérifiez la date de votre commune. C’est elle qui fixe votre niveau d’urgence — pas le discours du prochain démarcheur au téléphone.
  2. Inventoriez tout ce qui passe par le cuivre. Lignes voix, internet, fax, alarme, terminal de paiement, ascenseur : listez tout, avec les numéros. C’est l’étape que l’on saute — et celle qui évite les mauvaises surprises.
  3. Testez votre éligibilité à la fibre. Si votre local n’est pas raccordable, c’est maintenant qu’il faut le découvrir, pas trois semaines avant la coupure.
  4. Anticipez large. Un raccordement fibre professionnel et la migration d’un standard peuvent prendre plusieurs semaines, parfois davantage quand des travaux s’invitent. Le pire scénario : s’y prendre au dernier moment, en même temps que toutes les entreprises de la commune.
  5. Migrez, testez, puis résiliez. On garde l’ancienne ligne tant que la nouvelle n’a pas prouvé qu’elle fonctionne — jamais l’inverse.

Ma position est simple : n’attendez ni le courrier de l’opérateur ni la panne. Les entreprises qui migrent sereinement sont celles qui s’y prennent des mois avant la date de leur commune.

Et si vous préférez déléguer ?

Auditer les lignes, vérifier l’éligibilité, choisir entre standard virtuel et IPBX, porter les numéros, tester avant de couper : c’est exactement ce que je fais pour mes clients, du Sundgau à Mulhouse. Je me déplace, je regarde ce qui existe réellement dans vos locaux, et je vous propose une migration dimensionnée pour votre entreprise — pas celle du catalogue.

Un doute sur votre situation ? Découvrez mon accompagnement en téléphonie d’entreprise ou parlons-en directement — le premier échange sert justement à y voir clair.


Joël Lindecker — L.I.S. Informatique, téléphonie et web pour les TPE & PME du Sundgau et de la région mulhousienne. Découvrir mon parcours

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Un état des lieux clair de vos lignes et de votre éligibilité fibre — puis une migration organisée à votre rythme, pas dans l’urgence.

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